GODBOUT, JACQUES

LE BONHEUR EST DANS LE CYBERESPACE                     

L’Actualité, février 2001, p.42-44. (Résumé du texte)

 

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Godbout, dans son texte intitulé « Le bonheur n'est pas dans le cyberespace », s'adresse à un public de jeunes professionnels instruits, mais pas nécessairement intellectuel. Il dénonce une société de croyants naïfs, notre société. Selon lui, les nouvelles technologies servent à modifier nos comportements, nous rendant impatients, par exemple, impatients de consommer, servent à nous isoler, ainsi qu'à mieux nous exploiter. Par exemple, « la multiplication des chaînes de télévisions et des sites Web isole et spécialise. » Les gens deviennent donc plus individualistes. En ce sens, Godbout dénonce le mensonge des publicitaires. « L'internaute n'est pas celui qui voyage, mais un individu vissé à son siège. » « Nous sommes ici pour créer des besoins », disait à Godbout, un étudiant des hautes études commerciales travaillant pour le gouvernement fédéral.

 

En donnant ainsi son opinion, Jacques Godbout suscite une réflexion sur la nouvelle tendance des valeurs sociales. Il cherche à nous convaincre de ne pas oublier l'amour, la famille, le soleil, le plaisir de tous nos sens. Il veut nous faire voir les deux côtés de la médaille: technologies pratiques, oui, mais à quel prix? Les nouvelles technologies nous ouvrent des champs de recherche scientifique et des systèmes de communication efficaces. Cependant, elles favorisent aussi une surconsommation en créant des besoins, rêve de tout capitaliste averti. « La pensée magique l'emporte sur l'esprit critique. »

 

Les nouvelles technologies ont donc des effets négatifs pour les gens de toutes les couches de la société. Nous en retrouvons des séquelles dans le système de l'éducation par exemple, avec l’idéalisation et l'utilisation de l'ordinateur comme moyen privilégié d'apprentissage. Le réseau Internet en classe deviendra-t-il l'équivalent des arcades? « L'enfant retient moins bien ce qu'il décrypte sur l'écran que ce qu'il déchiffre dans le livre. » Les nouveaux « pushers » de l'an 2000 ne seraient-ils pas Bill Gates et Cie? Ces nouveaux gourous ne cherchent-ils pas à former et à cultiver des robots, dont la culture et la connaissance ne servent plus à définir sa propre identité mais à devenir une image prédéfinie d'avance? N'oublions pas que les commerçants nous vendent des ordinateurs au nom de la culture.

 

L'ordinateur encourage une certaine paresse. Il nous donne l'illusion de l'évasion. Il devient un télé-achat. Il n'y a plus de différence entre le centre d'achat, le bureau et la maison. Nous vivons maintenant dans des « maisons intelligentes ». Godbout se refuse à devenir prisonnier d'une technologie qu'il trouve déshumanisante. Voici en terminant ses dernières paroles: « Je veux vivre, mais je sais que le temps et même la lenteur sont porteur de sagesse. »

 

 

COMMENTAIRES SUR LE TEXTE DE: GODBOUT, JACQUES, L'Actualité, février 2001, p.42-44.

 

J'ai fortement apprécié le texte de Jacques Godbout sur l'évolution technologique, parce qu'il me rejoint dans mes valeurs fondamentales. Ayant moi-même expérimenté une certaine compulsion avec l'Internet, technologie qui avait pris la place de la télévision dans mon cas, je m'abandonne assez facilement à cet écrit. L'ordinateur nous donne l'impression, l'illusion, de nous cultiver davantage; mais qui prend vraiment le temps d'approfondir un sujet en particulier sur l'Internet? Une minorité à mon avis. Nous assistons plutôt à une acculturation sociale. C'est si facile de passer d'une chose à une autre, voir même d'une personne à une autre.

 

Nouvelles technologies comme moyen d'évasion, oui ou loi de la facilité. Ces petites dernières, toutes mignonnes, nous invitent à des plaisirs intellectuels nous coupant des plaisirs de tous nos sens, de notre instinct même. Je n'ai pas d'enfants en ce-moment, sinon, celui de mon amoureuse. Néanmoins, je ne peux concevoir d'élever un enfant dans des valeurs hyper-intellectuelles au prix de valeurs manuelles qui sont nécessaires à l'équilibre de l'enfant et de l'adulte. Je trouve si important de développer un équilibre entre l'action de type intellectuel et l'action de type manuel.

 

Je suis d'accord avec Godbout lorsqu'il dit que la technologie crée des besoins superflus, voir même irréels, non-existants, correspondant à un besoin d'évasion, de fuite la réalité. La réalité de jouer dans le sable ou dans la neige, de prendre du temps chaque jour pour jouer avec son enfant, serait-elle dépassée? Il ne faut pas se le cacher, ces nouveaux "techno-robots" servent de gardiennes pour nos enfants. Enfin, un temps de répit pour les parents qui ont travaillé si fort aujourd'hui.

 

Je n'étais pas moins heureux et moins intelligents, durant mon enfance, n'ayant pas ces technologies, que les enfants actuels qui consomment de ces nouveaux "extra", Internet et jeux vidéos. Et ceux qui n'en consomment pas, devrait-il avoir une plus basse estime d'eux-mêmes? Aussi, ne nous le cachons pas, l'ordinateur et l'Internet à l'école servent parfois de gardiennes ou de loi de la facilité pour les enseignants? En abuse-t-on?

 

Toutefois, ce que je reproche à Godbout, c'est de n'en rester qu'à une critique sociale. Nous ne pouvons en rester là. Sensibiliser les gens pour leur faire voir une réalité est une chose, mais n'est aussi que le début du travail. Après vient l'acceptation de cette fausse réalité, tout comme l'alcoolique dans les AA qui doit admettre qu'il est alcoolique. Sommes-nous capable d'admettre, s'il y a lieu, que nous sommes dépendants de la technologie, et ainsi retrouver des plaisirs et des loisirs plus traditionnels?

 

Je trouve que les dirigeants économiques et politiques de la société sont en train de créer une société "d'enfants adultes" ayant de la difficulté à faire des choix plus adéquats; à faire des choix par eux-mêmes. L'abus technologique nous empêche de penser et nous coupe de nos émotions, de nous-mêmes. Un jour, si j'ai un enfant, j'espère ne jamais perdre le goût de jouer avec lui. Je souhaite, comme je le souhaite à tous, que nous restions maîtres de nous-mêmes, de nos pensées, de nos idées, de nos rêves, que nous puissions encore "choisir nos rêves".

 

Il ne suffit pas de critiquer, mais de faire le travail nécessaire sur nous-mêmes pour lutter contre le "faux-capitalisme". Ainsi la synchronisation entre nos besoins d'évasions et la soif de pouvoir et d'argent de nos dirigeants politiques et économiques s'estompera. Critiquer oui, en rester là, non, cela est stérile et vide de sens. Accepter de passer par le charme de la transformation intérieur, oui, nous pourrons ainsi redevenir maître de notre vie. Les fausses joies de vivre, les rencontres virtuelles et illusoires sur l'Internet, je trouve que ça fait pitié, et je trouve ça déshumanisant, tout comme Godbout. La joie de vivre, de se coller, de rire et de pleurer avec l'autre, de marcher dans la nature, de faire l'amour, de faire du vélo, de faire l'effort de sortir de sa solitude pour entrer en contact avec l'être humain, s'il reste humain, pouvons-nous retrouver cela sur le "Net" ou dans la "vidéo poker"?

 

 

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