LE
PERVERS NARCISSIQUE
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LE PERVERS
NARCISSIQUE : Les signes caractéristiques du pervers narcissique
apparaissent au fur et à mesure du processus de démolition entamé sur sa
victime. Multiples et variés, ils sont le reflet d'un miroir qu'une
dévalorisation de lui-même a fait éclater et qu'il compense par un narcissisme
censé l'apaiser et le protéger. La perversion alterne avec la perversité.
Les traits dominants et récurrents chez le pervers narcissique
sont : un esprit vindicatif, une tendance à la mythomanie, à la paranoïa, un
pouvoir de conviction pouvant entraîner de nombreux dommages collatéraux, des
personnes qui se compromettent pour lui, un acharnement comparable à celui d'un
jusqu'au-boutiste qui voudrait, en outre, donner l'image de lui d'un martyr,
persécuté par la personne qu'il est déterminé à éliminer définitivement des
scènes sociale, privée et professionnelle ! Quitte à déployer une
énergie démesurée à transgresser les terres de sa victime, à spolier ses
jardins secrets, à semer les graines de la discorde, de la suspicion dans son
entourage, à pratiquer la politique de la terre brûlée, pour sortir indemne
et victorieux.
Le
plus important est de comprendre que votre interlocuteur ne CHANGERA PAS, JAMAIS.
Vous ne pourrez JAMAIS
obtenir de lui une quelconque prise de conscience, des remords, des regrets,
des excuses. Si par hasard, son discours le laisse penser, c'est qu'il vous manipule.
La seule chose que vous pouvez faire c'est
VOUS PROTEGER.
Pour cela
j'ai appris à ME DETACHER de ses mots, voire même à ne pas l'écouter. J'ai
passé beaucoup de temps à décortiquer le mécanisme de nos conversations : ce
qu'il me disait, son ton, ses allusions, sa façon de se poser en victime et de
me faire culpabiliser. J'ai du comprendre quels étaient les mécanismes qui se
mettaient alors en place chez moi : sentiment d'injustice, d'incompréhension et
volonté d'arriver à une compréhension mutuelle (impossible), empathie, colère,
tristesse etc.
C'est à ce prix que
j'ai pu le
"NEUTRALISER".

Pervers narcissique :"Définition longue et détaillée de mme
hirigoyen"
Je reporte ici un témoignage très intéressant reprenant le livre
de mde Hirigoyen
J'ai trouvé cette analyse sur le forum teemix :
http://teemix.aufeminin.com/world/communaute/forum/forum2.asp?forum=psycho1&m=51384&whichpage=1#550562
Merci à Labyne pour cette très claire analyse.
"Définition longue et détaillée de mme hirigoyen"
Envoyé par labyne le 20 mars 2006 à 13:15
"Le bourreau ou "pervers narcissique" suivant la
pathologie dressée par Mme Hirigoyen, peut être un
homme ou une femme ; la violence morale n'est pas l'apanage des seuls hommes,
bon nombre de femmes sont des tyrans domestiques ; les médias donnent trop
souvent l'impression que les harceleurs sont tous des hommes et nous devons
bannir ce jugement erroné, les hommes victimes ont tout simplement plus de mal
à parler de leurs souffrances.
Quel que soit son sexe, son âge, sa nationalité, le bourreau a
toujours le même comportement, il vampirise sa victime, buvant son énergie
vitale. On peut mettre des années avant de se rendre compte du processus de
destruction mis en place. Au commencement, il peut n'y avoir que des petites
brimades, des phrases anodines mais méprisantes, pleines de sous entendus
blessants, avilissants, voir violents, c'est la répétition constante de ces
actes qui rend l'agression évidente. Souvent un incident vient déclencher la
crise qui amène l'agresseur à dévoiler son piège ; en règle générale, c'est la
prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui vont
déclencher le processus de mise à mort : car il peut y avoir véritable mise à
mort psychique, où l'agresseur n'hésitera pas à employer tous les moyens pour
parvenir à ces fins: anéantir sa proie.
Le "pervers narcissique" est une personne totalement dépourvue
d'empathie, qui n'éprouve aucun respect pour les autres, qu'il considère comme
des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d'autorité. Il a besoin d'écraser
pour exister : et la proie rêvée reste l'enfant fragile et malléable, avec sa
confiance illimitée et sa soif d'amour et de reconnaissance.
Le
bourreau ne possède pas de personnalité propre, elle est forgée sur des masques
dont il change suivant les besoins, passant de séducteur paré de toutes les
qualités, à celui de victime faible et innocente, ne gardant son véritable
visage de démon que pour sa victime. Et encore peut il jouer avec elle au chat
et à la souris, faisant patte de velours pour mieux la tenir, puis sortant ses
griffes lorsqu'elle cherche à s'évader.
Ce sont souvent des êtres doués d'une intelligence machiavélique, leur
permettant d'élaborer des pièges très subtils.
Ils culpabilisent à outrance leur proie, ne supportent pas d'avoir tort, sont
incapables de discussions ouvertes et constructives ; ils bafouent ouvertement
leur victime, n'hésitant pas à la dénigrer, à l'insulter autant que possible
sans témoins, sinon ils s'y prennent avec subtilité, par allusions, tout aussi
destructrices, mais invisibles aux regards non avertis.
Méfions-nous de son apparence séduisante. Le pervers narcissique est un
vampire, sans affect, qui aspire la substance vitale de sa victime jusqu'à
l'anéantir.
Un
Narcisse, au sens du Narcisse d'Ovide, est quelqu'un qui croit se trouver en se
regardant dans le miroir. Sa vie consiste à chercher son reflet dans le regard
des autres. L'autre n'existe pas en tant qu'individu mais en tant que miroir.
Un Narcisse est une coque vide qui n'a pas d'existence propre ; c'est un
pseudo, qui cherche à faire illusion pour masquer son vide. Son destin est une
tentative pour éviter la mort. C'est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu comme
un être humain et qui a été obligé de se construire un jeu de miroirs pour se
donner l'illusion d'exister. Comme un kaléidoscope, ce jeu de miroirs a beau se
répéter et se multiplier, cet individu reste construit sur du vide.
Le Narcisse, n'ayant pas de substance, va se brancher sur l'autre et, comme une
sangsue, essayer d'aspirer sa vie. Etant incapable de
relation véritable, il ne peut le faire que dans un registre pervers, de
malignité destructrice. Incontestablement, les pervers ressentent une
jouissance extrême, vitale, à la souffrance de l'autre et à ses doutes, comme
ils prennent plaisir à asservir l'autre et à l'humilier. Tout commence et
s'explique par le Narcisse vide, construction en reflet, à la place de lui-même
et rien à l'intérieur, de la même manière qu'un robot est construit pour imiter
la vie, avoir toutes les apparences ou toutes les performances de la vie, sans
la vie. Le dérèglement sexuel ou la méchanceté ne sont que les conséquences
inéluctables de cette structure vide. Comme les vampires, le Narcisse vide a
besoin de se nourrir de la substance de l'autre. Quand il n'y a pas la vie, il
faut tenter de se l'approprier ou, si c'est impossible, la détruire pour qu'il
n'y ait de vie nulle part.
Les
pervers narcissiques sont envahis par un autre dont ils ne peuvent se passer.
Cet autre n'est même pas un double, qui aurait une existence, seulement un
reflet d'eux-mêmes. D'où la sensation qu'ont les victimes d'être niées dans
leur individualité. La victime n'est pas un individu autre, mais seulement un
reflet. Toute situation qui remettrait en question ce système de miroirs,
masquant le vide, ne peut qu'entraîner une réaction en chaîne de fureur
destructrice. Les pervers narcissiques ne sont que des machines à reflets qui
cherchent en vain leur image dans le miroir des autres.
Ils
sont insensibles, sans affect. Comment une machine à reflets pourrait-elle être
sensible? De cette façon, ils ne souffrent pas. Souffrir suppose une chair, une
existence. Ils n'ont pas
d'histoire puisqu'ils sont absents. Seuls des êtres présents au monde
peuvent avoir une histoire. Si
les pervers narcissiques se rendaient compte de leur souffrance, quelque chose
commencerait pour eux. Mais ce serait quelque chose d'autre, la fin de
leur précédent fonctionnement. Les pervers narcissiques sont des individus mégalomanes qui se posent
comme référents, comme étalon du bien et du mal, de la vérité. On leur attribue souvent un air
moralisateur, supérieur, distant. Même s'ils ne disent rien, l'autre se sent pris en faute.
Ils mettent en avant leurs valeurs morales irréprochables qui donnent le change
et une bonne image d'eux-mêmes. Ils dénoncent la malveillance humaine.
Ils présentent une absence totale d'intérêt et d'empathie pour les autres, mais
ils souhaitent que les autres s'intéressent à eux. Tout leur est dû. Ils critiquent tout le monde,
n'admettent aucune mise en cause et aucun reproche. Face à ce monde de pouvoir, la
victime est forcément dans un monde de failles. Montrer celles des autres est une façon de ne pas
voir ses propres failles, de se défendre contre une angoisse d'ordre
psychotique. Les pervers entrent en relation avec les autres pour les
séduire. On les décrit souvent comme des personnes séduisantes et brillantes.
Une fois le poisson attrapé, il faut seulement le maintenir accroché tant qu'on
en a besoin. Autrui n'existe pas, il n'est pas vu, pas entendu, il est
seulement utile. Dans la logique perverse, il n'existe pas de notion de respect
de l'autre.
La
séduction perverse ne comporte aucune affectivité, car le principe même du
fonctionnement pervers est d'éviter tout affect. Le but est de ne pas avoir de
surprise. Les pervers ne s'intéressent pas aux émotions complexes des autres.
Ils sont imperméables à l'autre et à sa différence, sauf s'ils ont le sentiment
que cette différence peut les déranger. C'est le déni total de l'identité de
l'autre, dont l'attitude et les pensées doivent être conformes à l'image qu'ils
se font du monde.
La force des pervers est leur insensibilité. Ils ne connaissent aucun scrupule
d'ordre moral. Ils ne souffrent pas. Ils attaquent en toute impunité car même
si, en retour, les partenaires utilisent des défenses perverses, ils ont été
choisis pour n'atteindre jamais à la virtuosité qui les protégerait.
Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée,
mais ces flambées restent très superficielles. Ils ignorent les véritables
sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil. Les
déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de
revanche. Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des
séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite,
rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas,
comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est
une rancune inflexible à laquelle le pervers applique toutes ses capacités de
raisonnement.
Les
pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance affective
suffisante pour ne pas s'engager vraiment. L'efficacité de leurs attaques tient
au fait que la victime ou l'observateur extérieur n'imaginent pas qu'on puisse
être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la souffrance
de l'autre.
Le partenaire n'existe pas en tant que personne mais en tant que support d'une
qualité que les pervers essaient de s'approprier. Les pervers se nourrissent de
l'énergie de ceux qui subissent leur charme. Ils tentent de s'approprier le
narcissisme gratifiant de l'autre en envahissant son territoire psychique. Le
problème du pervers narcissique est de remédier à son vide. Pour ne pas avoir à
affronter ce vide (ce qui serait sa guérison), le Narcisse se projette dans son
contraire. Il devient pervers au sens premier du terme: il se détourne de son
vide (alors que le non pervers affronte ce vide). D'où son amour et sa haine
pour une personnalité maternelle, la figure la plus explicite de la vie
interne. Le Narcisse a besoin de la chair et de la substance de l'autre pour se
remplir. Mais il est incapable de se nourrir de cette substance charnelle, car
il ne dispose même pas d'un début de substance qui lui permettrait
d'accueillir, d'accrocher et de faire sienne la substance de l'autre. Cette
substance devient son dangereux ennemi, parce qu'elle le révèle vide à
lui-même.
Les
pervers narcissiques ressentent une envie très intense à l'égard de ceux qui
semblent posséder les choses qu'ils n'ont pas ou qui simplement tirent plaisir
de leur vie. L'appropriation peut être sociale, par exemple séduire un
partenaire qui vous introduit dans un milieu social que l'on envie: haute
bourgeoisie, milieu intellectuel ou artistique... Le bénéfice de cette
opération est de posséder un partenaire qui permet d'accéder au pouvoir. Ils
s'attaquent ensuite à l'estime de soi, à la confiance en soi chez l'autre, pour
augmenter leur propre valeur. Ils s'approprient le narcissisme de l'autre.
Pour des raisons qui tiennent à leur histoire dans les premiers stades de la
vie, les pervers n'ont pas pu se réaliser. Ils observent avec envie que
d'autres individus ont ce qu'il faut pour se réaliser. Passant à côté
d'eux-mêmes, ils essaient de détruire le bonheur qui passe près d'eux.
Prisonniers de la rigidité de leurs défenses, ils tentent de détruire la
liberté. Ne pouvant jouir pleinement de leur corps, ils essaient d'empêcher la
jouissance du corps des autres, même chez leurs propres enfants. Etant incapables d'aimer, ils essaient de détruire par
cynisme la simplicité d'une relation naturelle.
Pour
s'accepter, les pervers narcissiques doivent triompher et détruire quelqu'un
d'autre en se sentant supérieurs. Ils jouissent de la souffrance des autres.
Pour s'affirmer, ils doivent détruire.
Il y a chez eux une exacerbation de la fonction critique qui fait qu'ils
passent leur temps à critiquer tout et tout le monde. De cette façon, ils se
maintiennent dans la toute-puissance : Si les autres sont nuls, je suis
forcément meilleur qu'eux.
Le moteur du noyau pervers, c'est l'envie, le but de
l'appropriation. L'envie est un sentiment de convoitise, d'irritation haineuse
à la vue du bonheur, des avantages d'autrui. Il s'agit d'une mentalité d'emblée
agressive qui se fonde sur la perception de ce que l'autre possède et dont on
est dépourvu. Cette perception est subjective, elle peut même être délirante.
L'envie comporte deux pôles : l'égocentrisme d'une part et la malveillance,
avec l'envie de nuire à la personne enviée, d'autre part. Cela présuppose un
sentiment d'infériorité vis-à-vis de cette personne, qui possède ce qui est
convoité. L'envieux regrette de voir l'autre posséder des biens matériels ou
moraux, mais il est plus désireux de les détruire que de les acquérir. S'il les
détenait, il ne saurait pas quoi en faire. Il ne dispose pas de ressources pour
cela. Pour combler l'écart qui sépare l'envieux de l'objet de sa convoitise, il
suffit d'humilier l'autre, de l'avilir.
Ce que les pervers envient, avant tout, c'est la vie chez l'autre. Ils envient
la réussite des autres, qui les met face à leur propre sentiment d'échec, car
ils ne sont pas plus contents des autres qu'ils ne le sont d'eux-mêmes; rien ne
va jamais, tout est compliqué, tout est une épreuve. Ils imposent aux autres
leur vision péjorative du monde et leur insatisfaction chronique concernant la
vie. Ils cassent tout enthousiasme autour d'eux, cherchent avant tout à
démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais, que le
partenaire est mauvais. Par leur pessimisme, ils entraînent l'autre dans un
registre dépressif pour, ensuite, le lui reprocher.
Le
désir de l'autre, sa vitalité, leur montre leurs propres manques. On retrouve
là l'envie, commune à bien des êtres humains, du lien privilégié que la mère
entretient avec son enfant. C'est pour cela qu'ils choisissent le plus souvent
leurs victimes parmi des personnes pleines d'énergie et ayant goût à la vie,
comme s'ils cherchaient à s'accaparer un peu de leur force. L'état
d'asservissement, d'assujettissement de leur victime à l'exigence de leur
désir, la dépendance qu'ils créent leur fournit des témoignages incontestables
de la réalité de leur appropriation.
L'appropriation est la suite logique de l'envie. Les biens dont il s'agit ici
sont rarement des biens matériels. Ce sont des qualités morales, difficiles à
voler : joie de vivre, sensibilité, qualités de communication, créativité, dons
musicaux ou littéraires... Lorsque le partenaire émet une idée, les choses se
passent de telle façon que l'idée émise ne reste plus la sienne mais devient
celle du pervers. Si l'envieux n'était pas aveuglé par la haine, il pourrait,
dans une relation d'échange, apprendre comment acquérir un peu de ces dons. Cela suppose une modestie que les pervers n'ont pas.
Les
pervers narcissiques s'approprient les passions de l'autre dans la mesure où
ils se passionnent pour cet autre ou, plus exactement, ils s'intéressent à cet autre
dans la mesure où il est détenteur de quelque chose qui pourrait les
passionner. On les voit ainsi avoir des coups de cur
puis des rejets brutaux et irrémédiables. L'entourage comprend mal comment une
personne peut être portée aux nues un jour puis démolie le lendemain. Les
pervers absorbent l'énergie positive de ceux qui les entourent, s'en
nourrissent et s'en régénèrent, puis ils se débarrassent sur eux de toute leur
énergie négative.
La victime apporte énormément, mais ce n'est jamais assez. N'étant jamais
contents, les pervers narcissiques sont toujours en position de victime, et la
mère (ou bien l'objet sur lequel ils ont projeté leur mère) est toujours tenue
pour responsable. Les pervers agressent l'autre pour sortir de la condition de
victime qu'ils ont connue dans leur enfance. Dans une relation, cette attitude
de victime séduit un partenaire qui veut consoler, réparer, avant de le mettre
dans une position de coupable. Lors des séparations, les pervers se posent en
victimes abandonnées, ce qui leur donne le beau rôle et leur permet de séduire
un autre partenaire, consolateur.
Les pervers se considèrent comme irresponsables parce qu'ils
n'ont pas de subjectivité véritable. Absents à eux-mêmes, ils le sont tout
autant aux autres. S'ils ne sont jamais là où on les attend, s'ils ne sont
jamais pris, c'est tout simplement qu'ils ne sont pas là. Au fond, quand ils
accusent les autres d'être responsables de ce qui leur arrive, ils n'accusent
pas, ils constatent : puisque eux-mêmes ne peuvent être responsables, il faut
bien que ce soit l'autre. Rejeter la faute sur l'autre, médire de lui en le
faisant passer pour mauvais permet non seulement de se défouler, mais aussi de
se blanchir. Jamais responsables, jamais coupables : tout ce qui va mal est toujours
de la faute des autres.
Ils se défendent par des mécanismes de projection : porter au crédit d'autrui
toutes leurs difficultés et tous leurs échecs et ne pas se mettre en cause. Ils
se défendent aussi par le déni de la réalité. Ils escamotent la douleur
psychique qu'ils transforment en négativité. Ce déni est constant, même dans
les petites choses de la vie quotidienne, même si la réalité prouve le
contraire. La souffrance est exclue, le doute également. Ils doivent donc être
portés par les autres. Agresser les autres est le moyen d'éviter la douleur, la
peine, la dépression.
Les
pervers narcissiques ont du mal à prendre des décisions dans la vie courante et
ont besoin que d'autres assument les responsabilités à leur place. Ils ne sont
pas autonomes, ne peuvent se passer d'autrui, ce qui les conduit à un
comportement collant et à une peur de la séparation ; pourtant, ils pensent que
c'est l'autre qui sollicite la sujétion. Ils refusent de voir le caractère
dévorant de leur accrochage à l'autre, qui pourrait entraîner une perception
négative de leur propre image. Cela explique leur violence face à un partenaire
trop bienveillant ou réparateur. Si au contraire celui-ci est indépendant, il
est perçu comme hostile et rejetant. "
Les pervers narcissiques sont incapables
d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune
« humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect.
Ils sont froids et calculeurs, totalement
indifférents à la souffrance d’autrui.
Mais tout en étant, le plus souvent,
incapables d’avoir des sentiments humains, ils simuleront le fait d’être
totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère
empathie pour autrui.
Les pervers peuvent se passionner pour une
personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très
superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur
intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les
sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions
entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche.
Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des séparations.
Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent
un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme chez un individu
coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible,
implacable à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de
raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse d’assouvir son dessein de
vengeance.
La séduction perverse ne comporte aucune
affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers est d'éviter tout
affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance affective
suffisante pour ne jamais s'engager vraiment. L'efficacité de leurs attaques
tient au fait que la victime ou l'observateur extérieur n'imaginent pas qu'on
puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la
souffrance de l'autre.
Les éventuels dérèglements sexuels ou la
« méchanceté » foncière pourraient être les conséquences de cette
absence de sentiments et d’empathie pour les autres. Il est possible que le
manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des limites morales entre ce
qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce n’est qu’une hypothèse.
« Quand le Prince ou la princesse n'est plus charmant ou
charmante » de Suzan Forward

Tout le monde rêve d'un amour parfait et éternel,
mais il faut parfois déchanter...
Susan Forward analyse ici le quotidien de nombreux
couples : l'un, s'accrochant au mythe trompeur de la passion idéale, laisse peu
à peu sa personnalité profonde être détruite; l'autre, pour apaiser son
angoisse intérieure, a besoin de manipuler, dominer et assujettir.
Derrière la façade d'une relation harmonieuse se cachent parfois de profondes
souffrances et une terrible détresse. Il n'est pas toujours facile de savoir le
reconnaître et d'en comprendre les causes.
Cet ouvrage explique comment sortir de cet enfer et trouver le courage de
regarder en face une situation qui n'est plus vivable. Pour enfin reprendre
possession de soi, trouver la force de changer sa relation ou d'y mettre
éventuellement un terme.
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Dans les différents types de manipulation, nous pouvons discerner le profil du pervers
narcissique, lequel est celui qui use de la pire de toutes les manipulations
tant les dégâts qu'elle occasionne sont dévastateurs et systématiques. L'expression
« pervers narcissique » est utilisée en psychopathologie pour désigner les
individus présentant une personnalité marquée à la fois par un narcissisme
exacerbé et des traits de perversion morale.
Parce qu'il est extrêmement difficile de comprendre réellement ce qu'est un
pervers narcissique, je rassemble ici de la documentation analysant cette
pathologie. Elle provient principalement de l'encyclopédie libre Wikipédia.
Cet article est un complément à celui sur les manipulateurs, plus généraliste.
Le pervers narcissique est le manipulateur
conflictuel et peu accepté par son entourage. Il use de manipulation destructrice,
il est moins discret, plus intransigeant et plus caractériel que le simple
manipulateur.
Isabelle Nazare-Aga,
psychomotricienne et thérapeute comportementaliste, dresse brièvement dans son
livre Les manipulateurs et
l'amour, le profil du pervers narcissique en le comparant à celui
du manipulateur dit "classique" :
La réalité de l'autre est encore plus niée
que dans le cas du manipulateur qui, lui, élabore une stratégie afin de ne pas
être victime d'aversion directe. Le manipulateur agit plus discrètement que le
pervers de caractère et n'éveille pas la vigilance de son entourage. (...) De
plus, il se joue ouvertement des émotions d'autrui et montre du plaisir à
observer l'humiliation de sa victime. (...) La jouissance de la domination est
propre au sentiment pervers. (...) D'après mes observations cliniques et de
nombreux témoignages, je ne considère pas tous les manipulateurs comme pervers
ou sadiques. Environ 20% des manipulateurs seraient de vrais pervers de
caractère.
(Les
manipulateurs et l'amour, Isabelle Nazare-Aga)
L'expression pervers narcissique est
utilisée en psychopathologie pour désigner les individus présentant une
personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de
perversion morale. L'individu atteint de perversion narcissique, à travers ses
conduites et les modalités relationnelles particulières qu'il va mettre en
place avec les autres, cherche à devenir le « maître » de la relation
et à assujettir l'autre, ce qui a de graves conséquences pour ses victimes.
Cette expression fait appel à deux concepts
psychanalytiques :
L'expression « pervers
narcissique » a été popularisée dans les années 1990 par les ouvrages de
deux auteurs : la psychologue Marie-France Hirigoyen,
dans son ouvrage très médiatisé sur le harcèlement moral, et le psychanalyste
Alberto Eiguer. En revanche ce diagnostic ne figure
pas dans les grandes classifications actuelles, il se rapproche du trouble de
la personnalité narcissique et de la psychopathie, sans les recouvrir tout à
fait.
Certains ont un très bon niveau culturel.
Tous sont intelligents et particulièrement bons psychologues.
Leur manque d’état d’âme, de remords ou de
problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation avec
elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupule les déroute,
les estomaque ou les abasourdit.
En fait, ils ont un total mépris pour
toutes lois ou contrainte morales. Leur morale est, le plus souvent, celle de
la morale ou la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retors. Il y a le
plus souvent, dans leur comportement, la banalisation du mal, une certaine
« relativisation » de la morale, dans le cadre d’un nihilisme
opérationnel, qui peut même être militant. Ils n’ont du respect que pour les
gens plus forts qu'eux, ayant plus de pouvoir et de richesse ou plus combatifs
qu'eux. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par eux comme
l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas lieu d’être.
Seuls les résultats comptent : « la fin justifie les moyens ».
Le pervers narcissique n'éprouve aucun
respect pour les autres, qu'il considère comme des objets utiles à ses besoins
de pouvoir, d'autorité ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne
tiendra pas, sachant que « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».
Il n'hésite pas à dérober de l'argent, des bijoux, des vêtements à son
partenaire ou à ses amis sans éprouver la moindre honte. Pris sur le fait, il
est capable de nier avec un aplomb hors du commun...
Charité bien ordonnée commence toujours par
soi-même. Il sait parfaitement et farouchement défendre ses intérêts et il en a
toujours une vision très claire. Son unique objectif est d’obtenir un bénéfice
pour sa propre personne. Il essaye de profiter à chaque instant de toute
opportunité, de toutes les situations, de toutes les personnes rencontrées -
ces personnes étant systématiquement instrumentalisées tant que cela est
possible - pour en tirer, autant que possible, avantage pour lui. Sa
philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont elle a
besoin, son conjoint, une relation de travail… car même l’être le plus asocial
a besoin d’affection, de compagnie, de présence (ne serait-ce que pour se faire
admirer) et donc par moments, sera gentil avec son partenaire.
Il n'est « courageux » que quand
il est sûr de gagner, et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de
son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et
s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le
premier à passer, selon les prétextes les plus fallacieux, avant les femmes et
les enfants, dans le canot de sauvetage. La notion d’honneur ou d’élégance
morale lui est inaccessible.
Comme pour tous les narcissiques, tout leur
est dû. Elles n'admettent aucune mise en cause et aucun reproche Leur loi est
celle de leur désir, immédiat, dans l'instant. Tout doit leur céder
systématiquement. C’est comme s’ils étaient demeurés, à l’âge adulte, un enfant
gâté. Un petit bobo chez eux prend de graves proportions, comme si c’était une
maladie importante, devant alors inspirer alors la compassion de l’entourage.
Voici quelques exemples du mode de pensée
du pervers narcissique :
· « Je suis génial, je suis fort, je
suis au dessus des autres, dans le haut du panier ». · « Les autres
ne peuvent pas ne pas m’aimer ». · « Je vais me servir de l'autre
pour obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit ». · « Je vais
m'arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu'elle ne m'en veuille pas
et qu’elle n’ait aucun désir de prendre son indépendance ». ·
« Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas de
ma faute si elle est à ce point stupide ou naïve. Je n’y suis pour rien si elle
est si naïve ». · « Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour
elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait
rien, c’est un honneur que je lui fais ». · « Quand il arrive un
problème - même si c’est autrui qui a ce problème -, j’ai de la peine pour moi,
pas pour autrui » (ce raisonnement est généralement inconscient).
Les pervers narcissiques sont incapables
d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune
« humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect.
Ils sont froids et calculeurs, totalement
indifférents à la souffrance d’autrui.
Mais tout en étant, le plus souvent,
incapables d’avoir des sentiments humains, ils simuleront le fait d’être
totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère
empathie pour autrui.
Les pervers peuvent se passionner pour une
personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très
superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur
intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les
sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions
entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche.
Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des séparations.
Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent
un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme chez un individu
coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible,
implacable à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de
raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse d’assouvir son dessein de
vengeance.
La séduction perverse ne comporte aucune
affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers est d'éviter tout
affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance
affective suffisante pour ne jamais s'engager vraiment. L'efficacité de leurs
attaques tient au fait que la victime ou l'observateur extérieur n'imaginent
pas qu'on puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion
devant la souffrance de l'autre.
Les éventuels dérèglements sexuels ou la
« méchanceté » foncière pourraient être les conséquences de cette
absence de sentiments et d’empathie pour les autres. Il est possible que le
manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des limites morales entre ce
qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce n’est qu’une hypothèse.
Le pervers narcissique a souvent besoin de
haïr pour exister ; c'est une des raisons pour lesquelles il n’est jamais
satisfait par quoi que ce soit (les autres, les objets…). La haine peut être
chez lui un moteur très puissant de son action et de son comportement.
N’arrivant pas à obtenir et jalousant la plénitude ou le bonheur qu’il observe
chez l’autre, il en vient à haïr et à détruire ce qu'il aime et recherche
intensément. Étant incapable d'aimer, il essaie de détruire, par cynisme, la
simplicité de toute relation naturelle et saine.
A cause de leur histoire personnelle, les
pervers n'ont souvent pas pu se réaliser. Ils observent alors avec envie ce que
d'autres qu'eux ont pour se réaliser. Et ils essaient de détruire le bonheur
qu’ils observent auprès d'eux. Prisonniers de leur propre personnage et de l’image,
le plus souvent factice, qu’ils présentent à la société - ce qui leur impose de
terribles contraintes permanentes -, ils tentent alors de détruire la liberté
d’autrui et de lui imposer des contraintes décidées par eux. Il y a, chez eux,
une mentalité agressive d’envie, de convoitise, d'irritation haineuse à la vue
du bonheur, des avantages d'autrui.
Pour s'accepter et s’affirmer, les pervers
narcissiques doivent triompher de quelqu'un d'autre, le détruire, jouissant
alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’ils croient ne pas posséder,
est subjective, elle peut même être délirante. Ce sentiment d'infériorité
vis-à-vis de la personne enviée et haïe les pousse à chercher à posséder ce qui
est convoité. Pour combler l'écart qui les sépare de l'objet de leur
convoitise, il leur suffit alors de l'humilier, de l'avilir.
Ils envient la réussite des autres, qui les
met face à leur propre sentiment d'échec, sans cesse refoulé, car ils ne sont
pas plus contents des autres qu'ils ne le sont d'eux-mêmes. Pour eux, rien ne
va jamais. Ils imposent aux autres leur vision péjorative ou négative du monde
et leur insatisfaction chronique concernant la vie. Ils cherchent, souvent, à
démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais. Personne n’a vraiment
grâce à leurs yeux. Agresser les autres est le moyen d'éviter la douleur, la
peine, la dépression.
Ils aiment attendre dans l’ombre, masqués.
Certains calculent leurs coups ou leur vengeance très longtemps à l’avance,
parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui se mange
froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle ils peuvent
être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus souvent
imprévisibles.
Le pervers narcissique est toujours,
intérieurement, dans la peau d’un autre, il n'est jamais sincère, toujours
menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon
jusqu’au-boutiste (comme un « arracheur de dent »). Le plus souvent,
il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu'on ne peut pas
vraiment qualifier de mensonges, et encore moins de constructions délirantes.
Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise - ce qui est, pour l'autre,
très déstabilisant - fait partie de son jeu.
Derrière cette attitude de mensonge
jusqu’au-boutiste, qui paraît parfois suicidaire, se cache, le plus souvent,
une attitude de défi à l’ordre social, une façon de montrer qu’il est toujours
le plus fort et qu’il contrôle toujours la situation... Même quand il le faudrait,
il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses mensonges, ni ses torts, même dans les
moments cruciaux lors d’un interrogatoire policier, voire d'un procès
d’assises.
Par contre il pourra reconnaître
éventuellement un mensonge mineur s’il n'a pas grand chose à y perdre. Mais
même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.
Le pervers narcissique a souvent une
composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge - une
composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses fins
- et à un besoin de se voir mieux qu’il n'est dans la réalité. Il aime se
mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l'autre) lui
permet de « s'aimer » (et de s’aimer toujours plus).
Comme tout mythomane, il ment souvent parce
qu'il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par
exemple) qu'entraînerait l'aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie
a tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours
du temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est
réellement. Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps
il minimise son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par
croire à son mensonge, à d’autres, il a conscience de son mensonge. C’est toute
l’ambivalence de la pathologie mythomane.
Le pervers narcissique est un
« comédien né ». Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus
chez lui une seconde nature.
Sa palette de personnalités, de
personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur
est étonnant, infini, sans cesse renouvelé.
Il donne le plus souvent l’image d'une
personne parfaitement calme, ne s’énervant jamais.
Le pervers narcissique est en général
apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant.
Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa
faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.
Le pervers narcissique est le plus souvent
doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa
mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité.
Souvent immensément orgueilleux, voire
mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne
peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups
les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il
ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
À cause de cette stratégie de victoires
sans fin il peut parvenir à se convaincre qu’il n’y a pas de valeurs morales
positives dans l’univers et qu’il gagnera toujours à agir ainsi.
À la longue cette tendance, qui peut lui
assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une
addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l'amène à ne
plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.
Le pervers narcissique adore se valoriser,
paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la haute image qu’il a
de lui-même le rend très méchant, agressif. Tous ses efforts viseront alors à
rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et ce par tous les moyens,
y compris par la destruction du perturbateur, celui qui a commis le crime de
lèse-majesté.
Il a une très haute opinion de lui-même.
Les autres sont pour lui quantités négligeables - ce sont des larbins, des
domestiques, des « peanuts »… -. Il déteste qu’on lui fasse de
l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on
lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui,
par une petite pique de-ci de-là (untel n’a pas de personnalité, untel est égoïste,
untel est ingrat, untel est pingre…).
Un plaisir pervers s'éprouve dans la vision
de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale,
à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et à
l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que
dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont
plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime
chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en
sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui.
À leur personnalité perverse et narcissique
peut parfois se superposer une composante paranoïaque. À force de duper les
gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en
plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. À un moment clé, il peut
se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Il vit dans une suspicion
constante et une prudence extrême, qu’il dissimule profondément. Sa paranoïa
apparaît alors décupler son intelligence, lui fournissant alors un
extraordinaire regain d’énergie combative.
On est parfois surpris de découvrir,
derrière son apparence généreuse, brillante, très intelligente, un esprit
mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d'une indéniable petitesse
morale. Ses buts « nobles » et « généreux » se révèlent
alors nettement moins nobles qu’il n’y paraissait au premier abord. Il semble
en effet (et c’est ce qui apparaît à l’analyse) aimer se venger discrètement,
sans témoin, sans que la victime s’en rende compte et il savoure le plus
souvent sa vengeance en solitaire. Et c’est une des raisons pour lesquelles sa
conduite peut paraître parfois secrète, indéchiffrable ou déroutante.
Si sa victime lui a résisté et lui a fait
un affront, il pourra « s’amuser », par exemple, à lui envoyer une
lettre d’anniversaire incompréhensible, à une date éloignée de la date
d’anniversaire, cette action incongrue étant à ses yeux une « bonne
plaisanterie », dont il sera d’ailleurs le seul à rire ou à jouir.
Ce genre de comportement paraît parfois
être l'indicateur d’un début de psychose ou de démence précoce, en tout cas
d’une réelle forme de maladie mentale, mais pas nécessairement.
Terme imaginé par Daniel Settelen, psychiatre, et Denis Toutenu,
psychiatre, dans leur livre « L'affaire Romand : le Narcissisme
criminel », consacré au cas de Jean-Claude Romand, qui décrit la
personnalité du pervers narcissique au moment où il passe à l’acte criminel.
Souvent, le pervers narcissique est
quelqu'un qui n'a jamais été reconnu dans sa personnalité propre, qui a été
victime d’investissement narcissique important de la part de ses parents et qui
a été obligé de se construire un jeu de personnalités (factices), pour se
donner l'illusion d'exister et être conforme à l’image narcissique voulue par
les parents.
Le pathologie de l'enfant s'est trouvée
induite par les exigences narcissiques de son entourage familial et scolaire.
Une fois adulte, le narcissique a poursuivi sur sa lancée, instrumentant, tout
en en souffrant, l'aveuglement de son entourage.
Certaines carences affectives dans
l’enfance peuvent aussi l’empêcher, à l’âge adulte, d’aimer autrui.
Il a pu subir aussi, durant son
enfance ; des blessures narcissiques, plus ou moins importantes. Ces
blessures le pousseront à satisfaire, sans cesse, un énorme désir de
reconnaissance ou de revanche. Il a alors un besoin énorme d'être aimé,
reconnu, surévalué, surestimé par rapport à ce qu'il est réellement.
Il peut être l’enfant surprotégé,
chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des albums de
Tintin), statut dont il profite à fond, un de ces enfants qui profitent sans
cesse de l'aveuglement de ses parents sur sa véritable nature (en se faisant
passer pour le petit malade souffreteux, pour la victime imaginaire des
professeurs, du frère ou de la sœur). En particulier l’enfant unique, tant
attendu, conçu tardivement…, qu’on dorlote alors d'autant plus. Ou simplement
un de ces enfants gâtés, à qui ont n’a pas appris à résister à leurs désirs et
leurs frustrations.
De fait, le pervers narcissique est sans
cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres. A la moindre
blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la haine et
passe à l’acte.
Dès leur enfance, ces pervers sont souvent
doués d'une intelligence supérieure à la moyenne, voire redoutable,
machiavélique, leur permettant déjà d'élaborer des pièges ou des stratégies
très subtils. Tôt, ils peuvent déjà abuser leurs parents et leurs amis.
L’enfant, plus intelligent, plus psychologue, que les parents l’imaginent,
phagocyte littéralement la mère ou le père (une mère ou un père complice ou
bien qui ne se doute de rien), dans une relation littéralement fusionnelle qui
empêche les parents d’avoir un recul suffisant.