Bonjour,
Je me souviens de l’intimité la meilleure dans une
solitude sans projet de rencontre avant long terme. Socialement intégré et seul au fond de moi, j’observe avec
inquiétude le néo-puritanisme des années 2000 : tant de tabous et
d’interdits n’ont fait qu’engendrer une préoccupation et une surenchère de
vices, de viols, d’outrages, de punitions et autres
abus pires qu’absurdes, conduisant à ce qui relevait initialement de détails
insignifiants à des monstruosités d’obscénité et de vulgarité…
Par exemple, ce que l’on nomme « pédophilie »,
ne me semble qu’un pur produit de la société contemporaine, une monstruosité
charriée, excitée, suscitée et provoquée par le néo-puritanisme, en référence à
ce que disait Georges Batailles : « Sans interdit, la transgression
serait impossible »… Alors même que le terme et les pratiques n’existaient
pas il n’y a pas si longtemps.
On oblige les femmes en Islam à porter le voile, mais il
m’arrive souvent d’avoir envie de me voiler la face, de porter un voile, tant
parfois l’aspect inquisiteur des regards me semble quelquefois gênant…
Je rêve d’une Grèce antique antérieure à
l’existence du puritanisme, comme d’une société idéale par rapport à ce que
nous montrent les médias, mais peut-être que cela ne correspond pas à la
réalité ?
Je reprend l’aphorisme
nietzschéen : « le christianisme donna du poison à Éros (dieu
d’amour) : Il ne mourut pas, il dégénéra en vice ! » :
c’est ce qu’on observe aujourd’hui par l’importance démesurée accordée au sexe,
tandis qu’à mon sens, il n’y a rien de plus éloigné de l’intimité que la
sexualité justement, du fait de la soumission aux lois biologiques d’une part
(mécanismes pulsionnels involontaires) et la surenchère de normativité (l’image du
couple en tant qu’idéal de bonheur est ressassée jusqu’à épuisement), d’où
l’envie de fuir, pourquoi pas dans des absurdités comme
la zoophilie ou je ne sais quoi, pour ne citer que
l’exemple dans le fantasme de certaines divinités antiques (exemple :
centaure cheval à buste humain, les divinités égyptiennes avec ses hommes à
tête de chacal ou de chat, la sagesse du sphinx …)
Seule en apparence, la conscience cherche puis découvre
éventuellement une communion avec « des » esprits (pluriel analogique
qui ne se compte pas, non numérique, voir indénombrable).
L’intimité me semble une situation de complaisance dans
la solitude selon une ouverture à des modes d’existence in-assignables par
rapport aux règles existantes sociales,
hors catégorie… au-delà des artefacts religieux que j’ai
toujours trouvés décevants…
Pour situer mon
sentiment esthétique, j’ai plus souvent trouvé belles des images fractales ou
artifices mathématiques complexes jusqu’à des aspects profondément chaotiques.
En rêve, j’en ai vu de tellement vivantes que j’en aurais cru la rencontre
d’extraterrestres, tandis plutôt que pour les images de formes humaines, j’ai
le sentiment de les connaître trop par cœur voire jusqu’à écœurement…
L’intimité dans la solitude est un cap à franchir qui
correspond à cette ultime limite au-delà de laquelle le moi se détourne du soi
pour ressentir (et voir) authentiquement le délire socialement réprimé et
malvenu, qui devient au contraire (dans la solitude) l’occasion d’emprunter des
voies de fécondité, de créativités imaginaires, sensorielles comportementales…
de lumières colorées inédites, de substances nouvelles, et de choses
inexprimables que la parole ou l’écriture ne peut traduire…
La découverte de l’ambiguïté me parait l’occasion de
m’affranchir de toute possibilité de jugement, tant ma manie de juger
systématiquement de par l’usage des mots me gêne quotidiennement… La liberté,
la joie et l’extase dont je ne me souvienne, je ne la trouve que dans la
solitude. Il me semble plutôt souffrir de solitude dans la promiscuité. Le fait
de n’être pas assez seul pour que le délire opère efficacement dans le sens de
la fécondité, m’amène à penser que les manies sociales semblent borner dans la
banalité ou la vulgarité…
Veuillez excuser ce bavardage, il est temps pour moi d’y
retourner,
Bonne Nuit,